Abidjan, 8 juillet 2026
Face aux préoccupations grandissantes des entreprises concernant l’application de la nouvelle fiscalité foncière fondée sur la valeur marchande des biens, la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) a réuni les principaux acteurs concernés lors d’un atelier de réflexion tenu au Mövenpick Hôtel d’Abidjan-Plateau.
Cette rencontre, organisée dans le cadre du dialogue public-privé, a rassemblé des représentants de la Direction Générale des Impôts (DGI), des experts en fiscalité et en évaluation immobilière ainsi que plusieurs organisations professionnelles et entreprises issues de divers secteurs d’activité. L’objectif était d’évaluer les premiers effets de la réforme et de proposer des ajustements conciliant les impératifs de mobilisation des recettes fiscales et les exigences de compétitivité du tissu économique national.
À l’ouverture des travaux, le Président de la Commission Juridique et Fiscale de la CGECI a tenu à préciser que la démarche n’avait pas pour vocation de remettre en cause le principe de la réforme introduite par la Loi de finances 2024. Il s’agissait plutôt d’analyser ses conséquences concrètes sur les entreprises afin d’identifier des solutions favorisant une transition progressive et soutenable.
Les résultats d’une étude présentée au cours de l’atelier ont mis en évidence une hausse significative des bases d’imposition et de la charge fiscale dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les télécommunications, la banque, l’assurance et l’industrie. Selon les experts, cette augmentation pourrait peser sur la rentabilité des entreprises, freiner leurs investissements et réduire leur compétitivité dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel.
Les participants ont également relevé plusieurs difficultés techniques liées à l’évaluation de la valeur marchande des biens immobiliers. Ils ont notamment signalé des disparités dans les méthodes d’évaluation, un manque de visibilité sur les valeurs de référence et des risques de subjectivité susceptibles de créer des inégalités de traitement. Pour le secteur privé, le renforcement de la transparence et de la sécurité juridique apparaît comme une condition essentielle à la réussite de la réforme.
De son côté, la Direction Générale des Impôts a apporté diverses précisions sur les modalités actuelles d’application du dispositif. L’administration fiscale a estimé que les analyses disponibles reposaient encore sur un nombre limité de données et qu’un examen plus approfondi était nécessaire pour mesurer pleinement les impacts de la réforme. Elle a par ailleurs rappelé que les valeurs de référence existantes restent applicables jusqu’à la mise en œuvre effective de la Commission chargée de déterminer la valeur marchande des biens fonciers.
À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont émergé. Parmi les principales figurent le renforcement du plafonnement de la hausse annuelle de l’impôt foncier, la mise en place d’abattements pour les biens dédiés aux activités productives, la publication des valeurs de référence afin d’accroître la transparence, ainsi que l’accélération de la digitalisation des procédures foncières.
Clôturant les travaux, la CGECI a réaffirmé sa volonté de poursuivre le dialogue avec les pouvoirs publics afin de promouvoir une fiscalité foncière moderne, transparente et équitable. La CGECI entend poursuivre son plaidoyer pour une réforme qui soutienne à la fois les objectifs de l’État et le développement de l’investissement privé, considéré comme un moteur essentiel de la croissance économique du pays.






























